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Le sport a-t-il un avenir sans dopage ? (3e épisode)
Le dimanche 15 juin 2008- Voici le troisième extrait du dossier sur le dopage. À votre avis, est-ce que l'argent est toujours la première source de motivation des athlètes à se doper ?
Jean-Pierre De Mondenard, médecin sportif depuis 35 ans, regarde attentivement la lutte antidopage depuis plusieurs années. À son avis, l’argent ne serait pas la première source de motivation des athlètes. Il apporte un argument intéressant. On compte plusieurs cas de dopages dans des disciplines sportives comme l’aviron, le kayak, l’haltérophilie et le ski de fond. Depuis janvier 2008, pas moins de sept Russes (rameurs) ont été disqualifiés pour infraction à la réglementation antidopage. Pourtant, les rameurs gagnent des sommes modiques. Cela prouve sa théorie. Ils ne l’ont pas fait pour l’argent. Ben Johnson, athlète exclu pour dopage des Jeux Olympique de 1988, a fait une déclaration qui résume bien la pensée de plusieurs athlètes :<< Enfant, je voulais battre mes camarades pour être le plus fort. Cela n’a rien à voir avec l’argent, la gloire. Lorsqu’on vient d’où je viens, il faut se battre pour vivre, donc être le plus fort. >> On comprend donc que le pouvoir de la force joue pour beaucoup dans la question du dopage. M. De Mondenard propose un classement des éléments déclencheurs poussant le sportif à se doper. Il fait référence à la force du mal. Au 6e rang, on retrouve l’argent. Au 5e rang, on retrouve la cadence infernale des entraînements qui sont de plus en plus exigeants. Au 4e rang, on croît que la lutte antidopage est insuffisante. Au 3e rang, on parle de l’encadrement de l’athlète. On fait référence à l’entraîneur, le directeur sportif, les anciens athlètes, les soigneurs et les médecins. L’entourage immédiat se doit absolument de bien conseiller l’athlète pour lui permettre de rester sur le droit chemin. En 2e position, la médiatisation rentre en ligne de compte. La pression des médias (écrite, parlée, audiovisuelle, spectateurs) est très lourde. C’est le cas de Greg Rusedski ! Classé dans le top 50 du circuit professionnel de tennis mondial (ATP), il décida de ne plus représenter le Canada. Il s’allia avec les Anglais. Il était perçu comme un traitre. La presse en avait fait le bouque émissaire des insuccès du Canada à la Coupe Davis. Toute cette pression est possiblement ce qui a mené Greg à prendre des produits dopants. La crainte des joueurs de la Ligue Nationale de Hockey est un autre bel exemple. Pourquoi avons-nous de la difficulté à signer un agent libre à Montréal ? La pression médiatique est énorme tout comme celle des partisans. Encore en 2e position, on se doit de parler de la pression des commanditaires. José Théodore est le parfait exemple. À la suite de sa saison faisant de lui une vedette, il signa un lucratif contrat avec la compagnie Ford. Il devait représenter la compagnie américaine. Lors de la saison suivante, tout s’écroulait. Il n’était plus un joueur étoile et il testa positif à un test antidopage. Il a consommé du propecia. Le propecia peut servir à masquer la prise de stéroïdes . À partir de ce moment, le nom de José Théodore ne valait plus rien. Quelques semaines plus tard, Ford résignait le contrat et Théo n’était plus au petit écran. Il était le modèle de plusieurs jeunes et il est facile de croire que son influence n’était pas la meilleure. Finalement, le premier rang revient à l’aspect de la compétition (cela rejoint les propos du sprinteur canadien Ben Johnson). Un athlète à un côté compétitif très développé. On cherche à toujours être le meilleur de sa discipline. On est prêt à tout pour battre l’adversaire ou bien pour améliorer ses performances personnelles. On doit alors se poser une question : est-ce que l’élimination de la compétition entre les athlètes peut régler le problème de dopage ? Plusieurs croient que oui. Par contre, le sport est avant tout une business. On peut comparer un joueur d’une formation à une PME. Si on élimine la compétition, l’assistance au match risque de diminuer drastiquement. Une diminution au guichet entraînera des pertes considérables. Un propriétaire est présent pour faire de l’argent et non pour l’amour du sport. S’il enregistre un déficit monétaire et qu’il voit que l’entreprise n’est plus rentable, il n’hésitera pas à fermer boutique. Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de l’argent. On est donc emprisonné. On peut avoir un sport propre qui sera sur le respirateur artificiel (financièrement), ou bien on peut avoir un sport qui encaisse des sommes astronomiques, mais qui est totalement à l’encontre du code d’éthique du sportif comme l’indique le CCES .


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